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Les frappes américano-saoudiennes contre l’Irak s’inscrivent dans le projet du soi-disant « Grand Israël » (Al-Houthi)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le leader du mouvement de résistance yéménite Ansarallah, Abdulmalik al-Houthi, a prononcé un discours ce jeudi 30 juillet 2026. ©Al-Masirah

Le leader du mouvement de résistance yéménite Ansarallah, Abdulmalik al-Houthi, a condamné l’agression militaire conjointe menée par l’Arabie saoudite et les États-Unis contre l’Irak, affirmant que ces frappes s’inscrivent dans un vaste projet sioniste et américain visant à instaurer un soi-disant « Grand Israël », à remodeler l’Asie de l’Ouest et à transformer la configuration démographique et politique de la région.

Dans une allocution télévisée ce jeudi 30 juillet, Al-Houthi a déclaré que toute coopération arabe avec ce projet constitue une « apostasie ». Selon lui, les ennemis de l’islam prennent pour cible l’ensemble de la société humaine par le biais de leurs complots « criminels, barbares et oppressifs ».

Réaffirmant que Riyad et Washington soutiennent le projet du « Grand Israël », Al-Houthi a averti que ceci représente, à terme, une menace pour l’ensemble de la région, y compris pour les régimes qui servent actuellement les intérêts américains.

« Les mouvements sioniste et américain sont engagés dans une confrontation directe avec l’Oumma [islamique], avec une agressivité sans précédent », a-t-il indiqué, précisant que les attaques contre l’Iran, le Liban, la Palestine et la Syrie s’inscrivent dans une stratégie destinée à éliminer tous les obstacles entravant ce projet hégémonique.

Il a décrit les États-Unis comme une puissance coloniale avide, venue pour occuper les pays de la région, tuer, piller et priver leurs peuples de leur liberté et de leurs richesses, dans le seul intérêt du projet sioniste.

Dans l’un des passages les plus marquants de son discours, Al-Houthi a averti que le projet sioniste ne faisait aucune distinction et finirait par se retourner contre ses propres collaborateurs.

Il a qualifié la loyauté envers l’ennemi, qu’elle soit militaire, économique ou médiatique, de « voie déviante » et d’« état d’apostasie et de régression » renversant les valeurs, les principes et l’éthique de l’islam.

« Les sionistes considèrent ceux qui leur prêtent allégeance avec mépris. Ils ne sont à leurs yeux que des instruments destinés à être exploités puis éliminés », a-t-il martelé.

Pour illustrer le mépris de Washington et de Tel-Aviv envers leurs partenaires régionaux, Al-Houthi a évoqué une récente déclaration du président américain Donald Trump, qui avait comparé l’Arabie saoudite à une « vache à lait », destinée à être exploitée jusqu’à épuisement avant d’être sacrifiée.

Le leader d’Ansarallah a déploré l’approche de Riyad, affirmant que le royaume agissait sous le parapluie politique des États-Unis et d’Israël, en dépit de ses allégations selon lesquelles il soutient l’Oumma islamique.

Il a indiqué que l’Arabie saoudite a progressivement renforcé le blocus imposé au Yémen, privant la population yéménite de ses ressources nationales, de ses revenus et de ses services essentiels avec le soutien de Washington.

Selon lui, Riyad a aussi financé des projets de division et de sédition ayant provoqué des effusions de sang au sein des nations musulmanes, affirmant que toute discorde ayant conduit à des conflits internes a bénéficié d’un financement saoudien.

Dans un autre volet de ses propos, Al-Houthi a fait référence au soutien apporté par Ansarallah à la Palestine dans le cadre de l’opération Tempête d’Al-Aqsa, avant de déclarer que l’Arabie saoudite a renforcé le blocus imposé au Yémen et est même allée jusqu’à intercepter des missiles et des drones yéménites tirés en direction des territoires occupés.

En ce qui concerne la situation en Palestine, il a dénoncé les violations persistantes du droit international commises par les forces israéliennes, soulignant que les massacres dans la bande de Gaza se poursuivent, malgré l’accord de cessez-le-feu.

Dans ce droit fil, Al-Houthi a averti que de « dangereux signes » laissaient penser qu’Israël tentait de préparer la destruction d’une partie de la mosquée Al-Aqsa en multipliant les fouilles sous le site sacré. Il a aussi fait état de la complicité de plusieurs gouvernements de la région pour minimiser l’indignation internationale par une désinformation médiatique.

Le leader d’Ansarallah a appelé les nations musulmanes à prendre pleinement conscience de la nature claire de la menace sioniste, les exhortant à agir conformément à leurs principes, leurs valeurs et leur éthique afin d’obtenir le soutien et la victoire de Dieu, plutôt que de suivre « la voie déviante » des régimes soumis aux ennemis de l’islam.

« Coopérer avec l’entité sioniste revient à participer à une campagne de plus en plus intense dirigée contre notre Oumma islamique, contre le peuple palestinien, la mosquée Al-Aqsa, le peuple libanais et l’ensemble de la région. Il est de la responsabilité de chacun de nous d’y faire face », a-t-il précisé, ajoutant que l’ennemi ne porte que la corruption sur terre.

Ailleurs dans ses remarques, il a mis l’accent sur la nécessité de préserver un leadership islamique indépendant afin de protéger la souveraineté de la nation musulmane, de contrer aux ingérences étrangères et de résister à la manipulation médiatique et culturelle occidentale.

Al-Houthi a promis de consolider la stratégie du « blocus contre blocus » face à l’Arabie saoudite, annonçant une intensification de la riposte yéménite aux politiques de Riyad.

Ces déclarations interviennent au lendemain de frappes aériennes conjointes menées par les États-Unis et l’Arabie saoudite contre des bases des Unités de mobilisation populaire irakiennes (Hachd al-Chaabi) ainsi que des stations de service destinées aux pèlerins de l’Arbaïn en Irak.

Selon des responsables irakiens, ces attaques ont fait des dizaines de morts et de blessés. Washington et Riyad les ont présentées comme des mesures de « représailles » à la suite d’attaques de drones visant leurs forces et leurs infrastructures.

Toutefois, la Résistance irakienne et ses alliés régionaux considèrent ces frappes comme une violation flagrante de la souveraineté irakienne et comme une nouvelle étape de la campagne menée par l’axe États-Unis–Israël–Arabie saoudite pour déstabiliser l’Axe de la Résistance.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV